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Mgr Jacques Blaseus, 4ème évêque de Namur, de 1597 à 1601

Par le chanoine Daniel Meynen, archiviste

Biographie

Portrait-Mgr Blaise.jpgJacques Blaseus a partagé sa vie d'évêque entre Namur, de 1597 à 1601, et Saint-Omer (dans le Nord de la France), de 1601 à 1618.  Le nom du quatrième évêque de Namur peut s'écrire de différentes manières : en latin, selon l'usage du temps, Blaseus, Blasoeus, Blazoeus, Blasius ; ou bien, Blaes, Blaese, Blaise, Blasé, de Blaese, de Blaze...  Tout comme François de Wallon-Capelle, un de ses prédécesseurs, Jacques Blaseus est un religieux de l'Ordre de Saint-François.  La biographie de ces deux évêques de Namur a été retracée par un autre membre de l'Ordre, le Père Fulgence Thyrion.  Mais seuls deux autres auteurs nous donnent une date de naissance approximative de Jacques Blaseus : le chanoine Edmond-Henri-Joseph Reusens, qui écrit : « Blaseus (Jacques) - évêque de Namur et plus tard de Saint-Omer, né à Bruges, vers l'an 1540... » (Biographie Nationale, t. 2, col. 462) ; et le chanoine Louis Jadin, qui écrit d'abord, en 1937 : « Blaes (Jacques), (...) naquit à Bruges vers 1540... » (Dictionnaire d'Histoire et de Géographie ecclésiastiques, t. IX, col. 57) ; mais qui précise, en 1959 : « Jacques Blaese (...), fils de Gauthier, naquit vers 1546 à Bruges (...) Il entra chez les frères mineurs de Courtrai et fit profession le 2 février 1567.  Le 29 mars 1572, il chanta sa première messe... » (Revue diocésaine de Namur, t. XIII, n. 4, juillet-août 1959, p. 505).  Ce qui donne à Jacques Blaseus 21 ans lors de sa profession religieuse et 26 ans lors de sa première messe, toutes choses qui sont dans les normes habituelles.

« Philippe II, roi d'Espagne, fit choix du P. Jacques de Blaese, religieux franciscain, pour succéder à Mgr Jean Dave.  Cet éminent religieux était né à Bruges, d'une famille très chrétienne et très attachée à la religion, malgré les persécutions des hérétiques qui désolaient le pays.  Il fut placé au collège des Frères Bogarts, établis dans sa ville natale.  Les succès les plus marquants couronnèrent ses études...  La ville de Bruges possédait un couvent de Frères Mineurs depuis l'année 1225.  Leur vie toute de pauvreté et d'abnégation avait fait impression sur l'esprit du jeune étudiant et il résolut de l'embrasser...  Il fit son noviciat et ses études au couvent de Douai [de la province franciscaine de Saint-André], qui avait une école de théologie très estimée et possédait des maîtres renommés par leur savoir aussi bien que par leurs vertus.  Les succès obtenus dans ses études par le jeune religieux, lui valurent l'honneur d'être appelé d'abord à l'enseignement et ensuite à la prédication.  Les principales villes de l'Artois et du Hainaut furent pendant plusieurs années témoins de son zèle apostolique.  Après avoir passé par toutes les charges de l'Ordre il fut élu provincial... » (P. Fulgence Thyrion, Les Frères Mineurs à Namur, Picard-Balon, Namur, [1903], pp. 46-47).

Le siège épiscopal de Namur étant vacant, le roi Philippe II nomme le Père Jacques Blaseus à ce poste.  Les auteurs nous rapportent trois dates se rapportant à cette nomination, dates qui se fondent sur des sources autorisées et qui peuvent s'entendre ainsi : le 25 janvier (chanoine Louis Jadin, Revue diocésaine..., p. 506) ou le 27 janvier (P. Fulgence Thyrion, op. cit., p. 47) 1596, le roi Philippe II, de Madrid, expédie au pape les lettres de nomination de Jacques Blaseus au siège épiscopal de Namur.  Le 11 mai 1596 (date probablement en relation avec celle du 3 mai 1596), cette nomination est évoquée en consistoire romain.  Mais ce n'est que le 14 avril 1597 que le pape Clément VIII confirme la nomination de Jacques Blaseus.  « La cérémonie du sacre fut fixée au 23 novembre 1597, jour de la fête de saint Clément, pape et martyr.  Jacques de Blaese avait choisi cette fête en mémoire du Souverain Pontife Clément VIII qui l'avait élevé à l'épiscopat.  Le nonce du Pape aux Pays-Bas, Octave Frangipani, évêque de Tricarie, fut le prélat consécrateur » (P. Fulgence Thyrion, op. cit., p. 47).  Cette consécration eut lieu à Bruxelles, en l'église des chanoinesses régulières de Sainte-Elisabeth, c'est-à-dire l'église du couvent de Sainte-Elisabeth-au-Mont-Sion, entre les actuelles rues des Comédiens, des Sables, et de la Banque.

« En 1597 déjà, Blasé consacra la chapelle du Conseil provincial, dans la rue du Président, et le 28 février 1598, l'autel de l'abbaye de Salzinnes...  Le 31 décembre 1598, il prononça l'oraison funèbre de Philippe II devant la cour de Bruxelles...  Il reçut les archiducs en visite à Namur, le 28 août 1599, lors de leur joyeuse entrée dans les Pays-Bas...  Jacques Blasé fit la visite de son diocèse et en envoya le rapport à Rome en 1599 par le chanoine Gilles de Monin, chargé d'exposer la situation du diocèse de Namur.  Nous avons perdu le texte du rapport, mais Gilles de Monin, chanoine gradué, auteur de plusieurs ouvrages, a publié la réponse du pape à l'évêque de Namur, en tête du Sacrarium comitatus Namurcensis [Le « domaine sacré » du comté de Namur]...  Le 13 mai 1599, Jacques Blasé, au cours de la visite du diocèse, avait fait la reconnaissance des reliques de sainte Rolende à Gerpinnes et les déposa dans une châsse neuve et des plus riche qui leur fut réservée... » (Chanoine Louis Jadin, Revue diocésaine..., pp. 507-509).

« A la mort de Jean de Vernois, évêque de Saint-Omer, François de Buisseret, doyen de Cambrai, aurait fait agir l'abbé de Maroilles, Frédéric d'Yves, au Conseil d'État pour obtenir le siège épiscopal vacant, siège également désiré par Jacques Blasé, mais celui-ci était bien en cour près des archiducs.  Aussi François Buisseret fut-il proposé pour Namur, tandis que dès le 4 janvier 1600, Jacques Blasé était nommé évêque de Saint-Omer...  Il fut confirmé au consistoire du 14 mars 1601...  Il prit possession le 19 avril et fut reçu à Saint-Omer le 1er mai 1601 » (Chanoine Louis Jadin, ibid., p. 510).  Jacques Blaseus occupa le siège de Saint-Omer pendant dix-sept ans et y décéda le 21 mars 1618.  On lira les détails de son épiscopat dans l'étude de l'Abbé O. Bled, Les évêques de Saint-Omer depuis la chute de Thérouanne, 1553-1619 (dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de la Morinie, t. XXVI, Saint-Omer, 1898, pp. 333-419).  Le chanoine Louis Jadin résume cela en une page, dont voici la ligne principale : « Il fut à Saint-Omer un grand évêque... » (p. 512).

Armoiries

Armoiries-Mgr Blaise.jpgVoici la description des armoiries de Mgr Jacques Blaseus, rédigée par Monsieur Jean-Paul Fernon, héraldiste : coupé d'azur et de sable, au sautoir d'argent surchargé d'un sautoir alésé potencé de gueules brochant sur le tout, et accompagné en chef d'une couronne traversée par deux palmes adossées passées en sautoir, le tout d'or, et en pointe d'un poignard bas d'argent garni d'or.

« En souvenir de la province religieuse dont il faisait partie, il prit pour armes une croix de Saint André ou de Bourgogne » (P. Fulgence Thyrion, op. cit., p. 47).  La présence d'un sautoir d'argent dans les armes de Jacques Blaseus s'explique donc par son origine franciscaine, le sautoir étant l'appellation héraldique de la croix de saint André.  Mais, au début du XVIIIe siècle, le chanoine de Varick (vol. III, f° 42), ayant vu les armoiries de Jacques Blaseus jointes à son portrait peint dans le vestibule de la chapelle du palais épiscopal, présente ce sautoir d'argent comme le seul et unique meuble des armoiries de l'évêque, qui se décrivent alors simplement : de sable au sautoir d'argent.

Pourquoi cette différence ?  Il semblerait que Jacques Blaseus ait eu deux sortes d'armoiries : les premières comme évêque de Namur (décrites par de Varick), les autres comme évêque de Saint-Omer (données par le dessin que nous reproduisons).  Concernant ces dernières, il est clair qu'il s'agit des armoiries reproduites dans « les ex-libris de Blaseus » (Abbé O. Bled, op. cit., p. 417, note 1) conservés à Saint-Omer.  Les meubles ajoutés, savoir, en chef, la couronne à trois fleurons et les deux palmes en sautoir, et en pointe, le poignard (ou épée), ne sont pas utilisés très fréquemment ensemble et font que « les armes de Blaseus sont trop particulières » (ibid.).  Notons enfin que ces derniers meubles se trouvent tous réunis dans la deuxième partie des armoiries de la commune d'Auderghem (partie qui serait les armoiries de l'ancienne abbaye du Rouge-Cloître).

Devise

Comme on le voit sur les armoiries ci-dessus, la devise de Jacques Blaseus posée sur le listel est : Urget aeternum : « Sa devise Urget aeternum lui rappelait le zèle qui devait l'animer dans toutes ses actions en vue de l'éternité » (P. Fulgence Thyrion, op. cit., p. 47).

Chanoine Daniel Meynen, archiviste